Vive les Bibliothèques Municipales

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Bonjour guys ! La littérature est une de mes passions depuis que je suis toute petite. Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu un livre entre les mains. Bon, à 3 ans je ne savais pas lire, mais mes parents me lisaient des histoires, et j’ai très vite su déchiffrer les mots. A 6 ans je me débrouillais, je pouvais enfin lire toute seule pleins d’histoires. La seule période durant laquelle j’ai décroché de la littérature était durant la Terminale car je passais mes heures à réviser pour le Bac. Mon livre de chevet était AnaBac et non pas Ana Karénine. L’année suivante, en fac de droit, je lisais mes fiches de cours et la Constitution Française. Mais la littérature, la vraie, me manquait. J’avais ce besoin de me replonger dans des romans, pas pour l’épreuve de Français du Bac, mais par plaisir, lire un ouvrage que j’aurais choisis et sur lequel je n’aurais pas de devoir à rendre. C’est vraiment à partir de l’an dernier que je me suis remise à la lecture, et ça m’a fait un bien fou ! J’ai du engloutir une vingtaine de bouquins, je n’avais plus de place dans mes étagères pour les stocker. Heureusement, les bibliothèques municipales existent. Non seulement on ne fait qu’emprunter donc pas de souci de rangement, mais j’ai la chance, en tant qu’étudiante, d’avoir la carte gratuite. Je peux donc lire à volonté ( dans la limite des livres qu’ils ont ) sans rien payer. Parmi les nombreux ouvrages que j’ai lus, je voulais vous parler de « Jane Eyre » et « D’après une histoire vraie« .

-« Jane Eyre » de Charlotte Brontë : 

Je ne vais pas dresser la biographie complète de chaine des écrivaines, mais je pense que vous présenter le minium d »informations à leur sujet peut-être pertinente. Charlotte Brontë est née en 1816 à Thornton en Angleterre d’un père pasteur et d’une mère au foyer qui mourra en 1921 ainsi que ses deux soeurs ainées. Sa petite soeur, Emily, est connue dans le monde entier pour son roman « Les Hauts de Hurlevent » que j’ai lu en classe de Première. Je savais que Charlotte était sa soeur, mais « Jane Eyre » ne me disait rien. Je pensais qu’il s’agissait d’une histoire d’amour à l’eau de rose, et je préférais le côté dramatique du livre d’Emily. Jusqu’à ce que je le vois à la bibliothèque et décide de l’emprunter, ce qui fut une bonne décision.

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Charlotte était enseignante avant de partir avec sa soeur pour Bruxelles en 1840 où elle tombe amoureuse d’un homme marié, M. Héger. Elle retourne en Angleterre quelques années plus tard et publie son premier livre, « Jane Eyre« , en 1847. Emily publie le sien la même année. Cette dernière mourra en 1848. Décidément, les deuils semblent hanter la vie de Charlotte. Le Révérend Nicholls la demande en mariage. Elle décline avant d’accepter en 1854, puis meurt à son tour l’année suivante, enceinte. Quelle tragédie que cette vie ! Sans oublier qu’à l’époque – bien que de nos jours légalité soit loin d’être acquise – les femmes n’avaient aucun droits, et la vie au milieu de la campagne anglaise était loin d’être trépidante. Néanmoins, de tout cet ennui naquit l’inspiration et un excellent roman. J’ai une préférence pour « Les Hauts de Hurlevent« , mais les préjugés que j’avais sur « Jane Eyre » étaient infondés. De toute manière, qu’importe le domaine, les préjugés sont bons à jeter.

Le roman peut se résumer aux lignes suivantes :

«  Orpheline, Jane Eyre est recueillie à contrecœur par une tante qui la traite durement et dont les enfants rudoient leur cousine. Placée dans un orphelinat, elle y reste jusqu’à l’âge de dix-huit ans. Elle devient alors institutrice dans une famille et tombe passionnément amoureuse du père de son élève, M. Rochester. Un amour partagé, auquel elle résistera d’abord, découvrant avec horreur l’existence de la première femme de Rochester, enfermée pour folie par son mari. »

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Comme je l’ai mentionné plus haut, j’avais des appréhensions concernant ce roman car je trouvais le résumé culcul la praline, et son issue toute tracée : Jane Eyre et M. Rochester, malgré tous les obstacles, finiront ensemble et vivront heureux jusqu’à la fin des temps. Bon, je ne vous dévoile pas le dénouement, bien que vous puissiez le deviner. Néanmoins, le style littéraire est très pointu sans être compliqué pour autant. Il y a des descriptions, qu’elles soient physiques ou sur les paysages, les lieux etc. mais elles ne s’étalent pas sur 50 lignes. Les dialogues ne pullulent pas de partout, ils sont pour la plupart d’une longueur équilibrée, et les propos tenus sont justes, profonds ou encore utiles. Le roman fait plusieurs centaines de pages mais il n’y a pas de fioritures pour autant. Sans doute certains passages auraient pu être supprimés, mais dans l’ensemble je trouve que tout est à sa place. La vie que Jane Eyre nous conte, sa vie, est pleine de rebondissements, de malheurs, d’intrigues, si bien qu’au fil des pages je me demandais si finalement elle connaitrait une fin heureuse avec l’homme qu’elle aime. La narration n’est pas du tout mielleuse comme je le craignais, et la façon dont Charlotte Brontë fait parler son héroïne laisse transparaitre une femme intelligente, forte, pieuse, qui subit des évènements mais finit toujours pas en devenir l’actrice. Elle ne tombe jamais dans la fatalité, se relève et se bat. Jane Eyre est une jeune femme indépendante, courageuse, pleine de vertus et d’amour. Ce n’est pas une femme soumise et entretenue, avec aucune ambition déplacée pouvant la mener à faire des choses malsaines ou à se désavouer.

J’ai aussi apprécié ce livre pas simplement pour son histoire, mais aussi pour son auteure.  Au 19ème siècle dans une Angleterre conservatrice, des femmes écrivaient des livres dans lesquels n’étaient pas mises en scènes des idiotes ne sachant que danser le quadrille et coudre, mais des femmes pleines de qualités – de défauts aussi, il ne s’agit pas de portraits idéalisés – et de ressources intellectuelles et physiques. En tant que féministe, je n’aime pas lire ou voir des oeuvres qui mettent en avant des personnes faibles et méprisées. Surtout, en tant que femme, je souhaite que d’autres s’inspirent de ces héroïnes afin de puiser le courage nécessaire pour affronter les injustices et les agressions de la vie et des hommes. Je sais bien que la vie n’est pas un roman, mais nous sommes chacun l’écrivain de notre propre histoire. Nous sommes les seuls capables de décider de son dénouement, alors efforçons nous de nous donner le meilleur rôle. Il n’y a pas plus belle histoire que celle que l’on choisit de vivre.

Le livre est disponible partout, c’est un classique. Si vous ne pouvez pas l’emprunter, vous pouvez le trouver entre autre sur le site de la FNAC : http://livre.fnac.com/a126104/Charlotte-Bronte-Jane-Eyre. J’aime bien ce site car les frais de port sont gratuits et la livraison est rapide.

-« D’après une histoire vraie » de Delphine de Vigan : 

Delphine de Vigan est une romancière française née en 1966 à Boulogne Billancourt. Elle a suivi des études au CELSA et a publié son premier livre en 2002 intitulé « Jours sans faim« . Il est fortement inspiré de sa propre expérience avec l’anorexie, souffrant moi-même de cette maladie j’ai lu le livre. Il est très court mais très poignant. Mais c’est à propos « D’après une histoire vraie » que j’ai choisis de vous parler. Pour cet ouvrage publié en 2015, elle a reçu le Prix Renaudot et le Prix Goncourt des Lycéens. Mais son palmarès comprend aussi entre autre le Prix des Libraires en 2008 pour « No et moi« , ( le film a d’ailleurs été adapté au cinéma par Zabou Breitman en 2010 ) ou bien le Prix des Lectrices Elle en 2011 pour « Rien ne s’oppose à la nuit » que j’ai lu également ( et dont une adaptation de Roman Polanski serait à prévoir pour 2018 ). Mises à parts ses distinctions, il y a peu d’informations sur la vie de Delphine de Vigan. C’est une femme qui, malgré des éléments autobiographiques dans ces romans, reste très discrète. Ce qu’elle dévoile de sa personne dans ses livres est choisi, elle n’est pas du genre à faire la Une de la presse à scandale.

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Si j’ai choisis de vous parler « D’après une histoire vraie » et non pas de « Rien ne s’oppose à la nuit » qui est le premier livre de cette auteure que j’ai lu et que j’ai beaucoup aimé, c’est parce que celui-ci m’a intensément intriguée. Delphine de Vigan ne cache pas le côté autobiographique de « Rien ne s’oppose à la nuit« , bien qu’elle reste mystérieuse sur la véracité de certains faits. Mais, bien que « D’après une histoire une vraie » soit narré à la première personne et que le personnage principal soit l’auteure elle-même, on ne saurait dire si cette histoire est vraiment vraie. Elle parle d’une femme surgit de nulle part qu’elle nomme L. Sans que Delphine ne s’en rende compte, L. envahit toute sa vie jusqu’à la diriger. La romancière qui se laisse faire malgré elle, L. exploitant la fragilité de l’héroïne,  la coupant de ses amis, de ses lecteurs, jusqu’à prendre sa place.

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L’intrigue est totale. Non seulement le lecteur est incapable de dire si L. existe ou s’il s’agit d’un personnage à 100% fictif. Est-ce-que Delphine a rencontré une telle personne ?  La question lui a été posé maintes fois au cours de diverses interviews, mais elle ne donnera jamais la réponse. Le mystère disparaitrait, et c’est toute cette ambiguïté autour de la vérité qui fait l’efficacité du roman. D’ailleurs, tout au long de ce livre, L. n’aura de cesse d’insister auprès de Delphine pour que celle-ci écrive un roman autobiographique, lui assurant que le public ne souhaite lire que la vérité, qu’il se fiche de la fiction, que seul ce qui est importe et a de la valeur. Ce débat autour de la fiction est intéressant et amène le lecteur à réfléchir à la question sans pour autant que cela ne se transforme en un essai sur le genre littéraire, loin de là. Outre la question de savoir si L. est une femme réelle, si elle est partiellement inspirée d’une femme réelle, ou si elle est une femme irréelle, il y a dans ce roman un aspect psychologique fascinant. Comment une personne faible est influencée, exploitée, manipulée, maitrisée, comment il est facile de se perdre, de s’oublier, et cela à ses dépends. Il y a aussi du suspens, même si ce n’est pas un thriller. Je dirai que c’est un roman psychologique, non seulement car il est question du fonctionnement pervers du cerveau humain, mais aussi car il pousse à une introspection et à une remise en question de son mode de pensée. De plus, peu avant le dénouement, l’histoire va connaitre un rebondissement qui m’a personnellement laissée en haleine. Mais je ne vous en dit pas plus, je dois laisser un minimum de mystère planer. Je vous mets là aussi le lien vers le site de la FNAC si vous souhaiter vous plonger dans ce roman : http://livre.fnac.com/a8675537/Delphine-de-Vigan-D-apres-une-histoire-vraie

J’espère que cet article vous aura réconcilier avec la littérature si jamais comme moi vous aviez décrocher par manque de temps. Mais si lire vous manque, croyez moi vous trouverez le temps. Tous les soirs lorsque je suis bien installée dans mon lit, les objets électroniques éteints, la lumière tamisée et un bon roman entre les mains, je peux enfin laisser mon esprit s’évader, ne serait-ce que 30 minutes. Je ne peux pas m’arrêter de gamberger, et à la fin de la journée j’ai l’esprit épuisé. Je m’épuise moi-même à vrai dire. Mais lors de ces instants de lecture, l’histoire emporte mon esprit à travers ses lignes, ce qui est apaisant. Je ne m’arrête que lorsque mes yeux ne tiennent plus ouverts. Alors je sais qu’il est l’heure de me coucher, la tête pleines d’intrigues, de rebondissements, de questions quant au dénouement, et c’est en m’imaginant la suite de l’histoire que morphée de mon corps s’empare.

Bisous, Marion. 


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